Je suis née caméra en main.
Bon, d’accord. C’est à moitié vrai… Mais la photographie fait partie de moi de façon presque génétique. Mes grands-parents étaient photographes. L’outil de travail de mon grand-père était une énorme chambre photographique, posée sur un trépied dans son atelier. Il me demandait de ne pas bouger, se couvrait la tête d’un drap noir, et pendant un instant, un secret se créait entre le photographe et son outil, loin des regards non-avisés.
Quand il enlevait le drap, la magie disparaissait: il était de nouveau mon grand-père, souriant, mais dans ses yeux pétillait encore un quelque chose indéfinissable.
C’est ce regard-là que j’ai envie de vivre et revivre à travers cette aventure qui s’ouvre à moi. Je vous invite à en faire partie et à créer – pas à travers un énorme argentique vétu en noir (peut-être malheureusement?) – de souvenirs sincers et pleins de magie.
L’étape d’après était d’extraire la plaque argentique de l’appareil, monter les 2 étages jusqu’à la petite chambre noire où seulement une petite ampoule rouge permettait d’entrevoir les bacs à « eau »: les bains qui faisaient apparaitre, très lentement, d’abord les contours d’une image, et puis les détails, jusqu’à retrouver …moi, assise sur le tabouret de l’atelier. Et si le résultat n’était pas parfait, des crayons en bois permettaient de le corriger. Un travail délicat et plein d’attention.
Un travail qui n’existe surement plus, mais dont l’esprit me guide même aujourd’hui dans ma quête: proposer une photographie authentique, naturelle, sincère, et qui raconte une histoire, la vôtre — sans artifices.













